Samedi 16 Février 2008, © L'Est Républicain / LUNÉVILLE
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L'association poursuit son travail de coordination des partenaires impliqués
dans le soutien à l'enfance et à la famille.
En 1999, dans le cadre du volet prévention du contrat de ville, était créé un collectif d'associations et
d'institutions pour « faciliter l'exercice de l'autorité parentale et développer l'esprit citoyen ».
Notre société connait des mutations profondes auxquelles la famille n'échappe pas. Pourtant, bien que fragilisée par la situation socio-économique (instabilité professionnelle, chômage, difficultés d'insertion) et par la remise en cause de l'institution matrimoniale (divorces, rupture d'un modèle, nouvelles formes de familles), la famille reste à la base du développement de la société.
Comme l'affirme Irène THERY (conférence de la famille 12.06.98) "la famille est en train de changer de visage. Plus complexe, elle est à la fois plus exigente et plus fragile".
Cette fragilité, chacun peut la constater : elle s'exprimera ici à travers un conflit, ou là par des actes d'incivilité. Elle se cristallise autour du débat sur la violence juvénile, ou sur la soi-disant démission des parents.
Ces constats n'épargnent pas la population lunévilloise qui exprime par moment son désarroi, son inquiétude :"Bien que les faits de délinquance n'ont pas augmenté dans le Lunévillois, leur perception s'en fait plus aiguë en ce qu'elle est susceptible de toucher chacun. La délinquance des mineurs progresse, la violence également. Le sentiment d'insécurité est réel, tous les responsables intérogés le reconnaissent. La présence der grpoupes dans les entrées d'immeuble (...) celle de marginaux parfois ancrés dans la déviance sont les sources les plus fréquemment mentionnées pour ce sentiment d'insécurité. Il en va de même pour certaines familles (...) où l'abandon des règles et des repéres est presque devenu un style de vie". (Extraits du diagnostic local de sécurité du lunévillois - mai 1999)
Aussi tout le monde est concerné, ce n'est pas l'affaire de telle institution ou de tel professionnel.Chacun doit se sentir concerné dans sa fonction d'adulte.Chacun au quotidien se doit d'écouter, de témoigner et d'agir.
L'Etat le fait en suscitant certaines démarches :
- circulaire "contrats locaux de sécurité" du 28.10.1997
- conférence de la famille 1998-
- circulaire "réseaux d'écoute, d'appui et d'accompagnement des parents" du 9 mars 1999.
Celles -ci sont relayées localement. Ainsi, lorsque Mr DEMARET, sous-préfet de Lunéville, a exprimé le souhait " de développer des actions susceptibles d'accompagner utilement les parents quant à l'exercice de leurs responsabilités, de manière collective, tous publics, reproductible et avec modalités d'intervention non culpabilisantes », il ne lui a pas été nécessaire de convaincre, tant l'ensemble était sensibilisé. Il n'a pas été difficile non plus de créer une véritable mobilisation partenariale autour de ces préoccupations largement partagées. Un groupe constituté de représentants de l'éducation nationale, de la CAF, d'élus municipaux, du CIDF, du contrat de ville de Lunéville, de l'OHS (maisons d'enfants), du centre social "Les Epis", du TAMS (conseil général) s'est réuni à plusieurs reprises, poursuivant le but d'animer une véritable coordination lunévilloise dans le domaine de l'enfance et de la famille, se fixant pour objectif général :
D'apporter une aide à la génération des adultes dans ses fonctions d'éducation, d'autorité et de socialisation à l'égard des enfants et des adolescents, dans des conditionssusceptibles de développer un esprit citoyen.
L'esprit de la démarche est très ouvert. Le but n'est pas de remplacer ou de fédérer les nombreuses initiatives existantes déjà dans ce domain. Il s'agit de créer du lien en invitant le plus grand nombre à partager certains principes forts rappelés ci-dessous:
- Les parents ne sont pas démissionnaires, ils ont des potentialités auxquelles nous croyons et sur lesquelles nous voulons nous appuyer pour accompagner et non sanctionner.
- Notre attitude est empreinte d'empathie, d'écoute, de respect et de reconnaissance des parents dans leurs fonctions.
- Il s'agit de soutenir les relations entre les parents, les enfants et la société, de permettre aux parents et aux enfants de se côtoyer et de s'inscrire dans leur environnnement.
- La proximité est essentielle, c'est pourquoi, toute action s'appuie sur des structures locales
- Les méthodes développées s'inscrivent dans une appproche globale, favorisant l'ouverture, l'épanouissement et la promotion familiale.
- Le principe de plaisir est dominant, excluant toute intervention contraignante ou culpabilisante.
Les moyens mis en oeuvre pour soutenir et insufler l'état d'esprit sous-tendu par ces principes sont de 2 ordres :
1. La CLEF : Coordination Lunévilloise, Enfance, Famille - Il s'agit d'un groupe représentatif, multipartenarial qui a pour fonction :
de faire circuler l'information
de faire connaître les actions mises en place
d'offrir un appui technique au montage de projets
de soutenir l'initiative locale
2. Les relais locaux : Il s'agit de "correspondants" sur les quartiers ou les communes rurales. Le correspondant qui peut être une personne ou une structure locale, est un relais, "une courroie de transmission" entre la CLEF et la commune ou le quartier concerné. Il fait remonter l'information, il fait connaître ce qui existe localement, il sollicite un appui lorsque celui-ci paraît nécessaire, il diffuse les informations à partir de son propre réseau.
Une équipe de bénévoles et de salariés qui offrent de leur temps et un permanent salarié pour :
L'animation et la coordination du réseau et des projets,
Un développement des partenariats en direction des familles et des enfants des écoles et collèges de Lunéville en collaboration avec les enseignants, les travailleurs sociaux et socio-éducatifs,les élus, les parents...
La mise en place d' outils de communication adaptés en direction de l'ensemble de ces publics (point d'informations, sites, pages d'infos...),
Des dispositifs de soutien financier
Le REAAP
Le Contrat de Ville
Favoriser les échanges entre parents d'une part et entre parents et co-éducateurs.
Contribuer à la réussite éducative des jeunes : en soutenant leurs parents dans l'aide qu'ils peuvent apporter et en travaillant à améliorer le lien famille-école-société.
Soutenir les projets dont les parents sont acteurs ou destinataires.
Alimenter la réflexion des acteurs par la mise en place de formations et partages d'expériences.
Des partenaires pilotes détachés au service du projet
L'Association de Services et d'Animations de Lunéville : ASAL
L'Association Par la Promotion de l'Ecriture et de la Lecture : APPEL
L'association MJC « Jacques-Prévert »
L'association Centre Social et Culturel « Les Epis »
L'Education Nationale avec la circonscription de Lunéville
La Ville de Lunéville et ses structures petite enfance
Le Conseil Général dont le Territoire d'Actions Médico-Sociales de Lunéville
Les associations de parents d'élèves
L'association les CEMEA
L'association Familles Rurales
Le Centre Médico-Psychologique
Des parents élus d' écoles maternelles et élémentaires
Des partenaires institutionnels
Le Conseil Général
La Caisse d'Allocations Familiales
L'Etat (la DDASS, la Politique de la ville)
L'autorité parentale ?
Aux termes de l’article 371-2 du code civil, « l’autorité appartient aux pères et mères pour protéger l’enfant dans sa sécurité, sa santé et sa moralité. Ils ont à cet égard droit et devoir de garde, de surveillance et d’éducation».
Pendant toute sa minorité, les parents sont responsables de lui et de ses actes. Cependant pendant sa minorité, l’enfant exerce aussi des droits. Il peut par exemple exprimer son opinion, être entendu dans les procédures le concernant, consulter un avocat et être assisté par lui et saisir le juge des enfants.
A partir de 16 ans, il dispose des droits civiques et sociaux ( travailler et disposer de ses revenus, être membre d’une association…)
L’autorité parentale peut-être retirée lorsque la santé, la sécurité ou la moralité de l’enfant est en danger, par le tribunal de grande instance.
L’exercice de l’autorité parentale s’arrête aux 18 ans de l’enfant. Pour autant, par la suite, « l’obligation alimentaire » s’exerce et les parents peuvent aider leur enfant à s’insérer, poursuivre des études…
Quelques grandes dates de l'autorité parentale
1889 : loi du 24 juillet sur la déchéance des pères indignes
1935 : loi abolissant le droit de corrections paternelles
1970 : loi de transformation de la puissance paternelle en autorité parentale
1987 : loi Malhuret sur l’autorité parentale conjointe quant parents séparés
1993 : loi sur l’enfant naturel : le père naturel bénéficie de l’autorité parentale partagée dans certains cas
Autorité parentale et droits de l'enfant
La convention internationale des droits de l’enfant est entrée en vigueur en France en septembre 1990. Mais certaines libertés fondamentales accordées par la convention, comme la liberté de religion, la liberté de choisir ses relations…sont encadrées de façon plus restrictives par la législation nationale.
Si l’on peut dire que globalement, l’aspect « protection de l’enfant »est peu contesté, c’est l’aspect « participation de l’enfant et exercice de ses droits d’expression » qui semble davantage poser de problèmes.
Même si, depuis 1968, le style éducatif a changé ( il est davantage fondé sur le dialogue adultes-enfants, sur l’explication que la contrainte), beaucoup de parents se sentent en difficulté face à ces pratiques participatives. D’autant plus que ces nouvelles pratiques sont parfois mal comprises et entraînent une confusion des générations et même une absence de limites.
La sociologue Irène Théry , a pu rappeler certains effet pervers de la personnalisation de l’enfant ». En effet, le fait de voir l’enfant uniquement comme une personne déjà constituée, dont il ne s’agirait que de favoriser les potentialités, a contribué à dévaloriser la transmission générationnelle et l’autorité parentale.
Mutations de la société et parentalité
Régulièrement la démission des parents est invoquée comme cause des difficultés scolaires, de la délinquance des mineurs…
S’il convient de s’interroger sur les enjeux et les causes de ces discours, il nous semble aussi plus juste de parler de désarroi que de démission.
Même si ce désarroi semble plus toucher certaines catégories, familles, monoparentales, jeunes parents, familles immigrées, il concerne les familles dans leur grandes diversités car il est le fruit de mutations sociales importantes.
En effet nous sommes confrontés à :
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La transformation du lien conjugal et des rapports hommes-femmes
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La transformation du lien de filiation
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La crise des institutions et de toutes les autorités
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La crise des transmissions intergénérationnelles, notamment dans un contexte socio-économique précaire
Ces mutations profondes ont des répercussions sur la parentalité.
CHARTE DES INITIATIVES, POUR L'ECOUTE, L'APPUI ET L'ACCOMPAGNEMENT DES PARENTS